Le gymnéma : le couteau suisse de l’obésité, du diabète et du grignotage

Le gymnéma : le couteau suisse de l’obésité, du diabète et du grignotage

Le gymnéma : le couteau suisse de l’obésité, du diabète et du grignotage ? 
Bien plus que ça en fait...

En Inde, la médecine Ayurvédique utilise depuis des siècles les plantes médicinales dans son approche originale du corps humain qu’elle classifie en trois types : Vata, Pitta, Kapha.
Selon les profils, les plantes médicinales sont plus ou moins indiquées et bien sûr sélectionnées aussi en fonction des problèmes de santé rencontrés. Quelques plantes font exception, car elles sont parfois tellement polyvalentes, qu’il est difficile de faire correspondre leurs vertus à un profil ou un tempérament particulier. Parmi celles-ci, le Gymnéma (Marsdenia sylvestris) possède une action étonnante, qui se manifeste en fait, uniformément, chez quasiment tous les humains : un effet « anti-sucre ».
Cette liane, qui en croissant se transforme en un véritable petit arbre, et qui abonde sur les zones humides en bordures de rivières en milieu tropical, possède dans sa feuille un complexe de molécules étonnantes…
En Inde, où ses feuilles sont aisées à ramasser, l’utilisation du gymnéma est devenue courante et le remède a été utilisé non seulement dans un grand nombre de régions indiennes, mais aussi par de nombreuses générations de thérapeutes, qui ont pu tester et observer ses vertus dans un tout aussi grand nombre de situations de santé différentes. Les vertus du gymnéma sont nombreuses. 

Mais de cette somme de connaissances, il serait bien évidemment prétentieux de vouloir faire ici une synthèse et encore davantage un résumé. Notre propos dans ce blog est de nous intéresser à un aspect particulier de cette feuille qui présente déjà des conséquences de santé très larges : cet effet dit « anti-sucre ». Voyez donc : certaines molécules présentes dans la feuille et qu’on appelle pour simplifier « l’acide gymnémique », ont la vertu de venir entrer en contact avec les récepteurs du goût sucré dans la bouche et « d’encombrer » ces sites durant un temps assez long. Ces principes actifs suppriment ainsi la perception du goût sucré. Mais plus loin, lors de leur absorption, ces actifs interviennent dans des processus physiologiques plus profonds, notamment dans le système digestif, là où des récepteurs à l’insuline sont présents : muqueuse intestinale, pancréas… Et c’est là que la vraie magie du gymnéma démarre….


Déjà dans la bouche :
Quand vous mâchez un aliment sucré, le glucose (ou le saccharose) présent dans le bol alimentaire vient stimuler des récepteurs du goût sucré. Ceux-ci une fois stimulés envoient un signal au cerveau et la sensation « c’est sucré » est la première des réactions. Une seconde est de préparer le pancréas à une action de libération de l’insuline, en perspective d’une arrivée massive de glucose.
En présence de l’acide gymnémique, ces récepteurs sont saturés, et n’envoient pas ce message au cerveau. Vous avez donc d’abord cette réaction de dire, alors que vous dégustez un bon petit gâteau sucré, « bizarre, elle n’a pas du tout le goût de sucre cette friandise... ». S’il n’y a pas ce message, il n’y aura pas non plus d’information préalable pour le pancréas...


Le gymnéma fait bien plus que couper le goût du sucré

Un peu avant un repas, si vous avez avalé une gélule de poudre de feuille de gymnéma (on conseille en général une demi-heure ou un quart d’heure avant le repas), cet effet de blocage des récepteurs du goût sucré dans la cavité buccale va se réaliser tout aussi bien, sans contact direct sur vos récepteurs sucrés buccaux.... 
Cet acide gymnémique est une molécule suffisamment petite pour être rapidement assimilée et se répandre par voie sanguine. En quelques minutes, il sera présent à des doses très importantes, partout dans le corps, notamment dans la muqueuse buccale, mais cette fois-ci, non pas par un contact direct, mais par l’autre porte qui est le sang. Ce fameux effet anti-sucre que vous constatez en prenant cette poudre sur la langue pour un effet immédiat est aussi possible avec un effet plus lent et plus subtil en l’absorbant…
C’est pour cela qu’en prenant une gélule sans l’ouvrir et en l’avalant, vous allez constater au bout de quelques minutes une bien faible envie de prendre une tranche de pain pour accompagner votre charcuterie, de reprendre des pâtes une seconde fois en complément des courgettes proposées…. Il en sera de même pour accompagner le fromage par un bout de pain, et quand le dessert arrivera, il est fort possible que vous ayez la sensation de ne plus avoir faim.
Mais derrière cet effet surprenant, l’action du gymnéma est en fait double :
    1- elle freine l’envie de sucre en agissant sur ces récepteurs du goût sucré,
    2- elle stimule par un autre phénomène biochimique proche tout le système de gestion du sucre dans le corps. 

N’allons pas trop vite... Retenons bien que quand on mange et qu’on avale du sucre, que ce soit du sucre rapide (comme le sucre blanc, ou ceux contenus, par exemple, dans les fruits) ou des sucres lents (comme la pomme de terre ou le blé), on digère ces éléments et on fabrique au niveau intestinal, au final, du glucose. À partir de là, une cascade d’évènements vont se produire :
    - d’abord le glucose va être absorbé (via des transporteurs spécifiques : SGLT1 et GLUT2) au niveau des cellules épithéliales de l’intestin pour se retrouver transporté via la voie sanguine dans l’organisme. On parle alors de glycémie (taux de glucose dans le sang).
    - et au cours de ce voyage, le glucose va toucher tous les organes du corps, mais avec des intensités, des vitesses et des priorités variables selon les besoins métaboliques de chaque organe. Nous allons nous intéresser seulement à ceux concernés par une action du gymnéma :

1- le pancréas : les cellules bêta des îlots de Langerhans, une zone particulière du pancréas, réagissent aux variations de glycémie. C’est dans la cascade de ces réactions qu’au final ces cellules vont fabriquer et libérer de l’insuline. Nous allons y revenir.
2- le foie : c’est l’organe clé dans la régulation de la glycémie. Il agit comme un « réservoir tampon ». Après un repas, il capte l’excès de glucose (via GLUT2) et le stocke sous forme de glycogène (glycogenèse), sur commande de l’insuline. Inversement, entre les repas, il libère du glucose dans le sang à partir de ses réserves de glycogène (glycogénolyse) le plus souvent. Nous allons y revenir aussi !
3- les muscles squelettiques : ils jouent un rôle clé dans la régulation de la glycémie vu leur masse globale. Ils captent le glucose via des transporteurs spécifiques comme GLUT4 (stimulés par l’insuline ou l’activité physique), qui le transforment en énergie (ATP) ou le stockent sous forme de glycogène. Ces cellules sont les principaux consommateurs de glucose après un repas.
4- les tissus adipeux : les adipocytes ou cellules adipeuses captent le glucose via le transporteur GLUT4 (insulino-dépendant) et le transforment en triglycérides pour le stocker sous forme de graisse. Ce processus est amplifié en présence d’un excès de glucose ou d’insuline. Là aussi, nous allons y revenir précisément, car c’est là que commencent les problèmes d’obésité...
5- le cerveau : eh oui ! sans glucose, pas d’activité neuronale. Le cerveau dépend presque exclusivement du glucose comme source d’énergie. Les neurones captent le glucose via des transporteurs GLUT1 et GLUT3 (insulino-indépendants), essentiels pour la pensée, la mémoire et les fonctions cognitives.
6- les reins : moins connu est ce phénomène mais les reins réabsorbent le glucose filtré dans le glomérule via les transporteurs SGLT1 et SGLT2 (dans les tubules rénaux). Nous allons voir plus loin comment le gymnéma aura une influence.
7- les vaisseaux sanguins : les cellules endothéliales qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins régulent la vasodilatation en fonction des besoins métaboliques. Elles captent le glucose via les transporteurs GLUT1 pour produire de l’énergie, ce qui influence leur fonction et la santé vasculaire.
8- l’oeil (notamment la rétine) : dans l’œil, la rétine est un tissu hautement métabolique. Elle dépend presque exclusivement du glucose pour son fonctionnement. Les photorécepteurs (cônes et bâtonnets) et les cellules de l’épithélium pigmentaire consomment d’énormes quantités de glucose via des transporteurs GLUT1, essentiel à la vision. Là aussi, nous allons y revenir.
9- la peau : La peau est l’organe le plus étendu du corps. Elle utilise le glucose pour deux fonctions principales : la cicatrisation (les kératinocytes et les fibroblastes captent le glucose via GLUT1 pour produire de l’énergie et synthétiser du collagène), et la synthèse de molécules (les fibroblastes transforment le glucose en précurseurs pour la matrice extracellulaire : collagène, élastine).
10- l'intestin grêle : enfin, on l’a vu en préambule de cette liste, l’intestin grêle est le premier organe à entrer en contact avec les nutriments après leur ingestion. Les cellules épithéliales de l’intestin (entérocytes) captent le glucose via deux transporteurs :
  le  SGLT1 : Pour l’absorption active du glucose (avec le sodium).
  le GLUT2 : Pour le passage du glucose vers le sang, une fois absorbé.

Petit rappel avant d’entrer dans les détails de l’action du gymnéma : dans la foulée d’un repas contenant des hydrates de carbone (sucres lents ou rapides), le taux de glucose dans le sang augmente. On parle d’augmentation de la glycémie. Une des premières réactions du corps est la libération d’insuline par le pancréas. On a vu que le gymnéma intervient sur la sensation sucrée. On serait tenté de croire qu’il coupe le message au pancréas. Il n’en est rien, car le pancréas recevra ce message par la voie sanguine et non nerveuse. Il s’apercevra avec un petit délai que la glycémie a augmenté, En d’autres termes, on pourrait dire qu’avec le gymnéma, on évite de le stresser avant l’heure. De plus, lors de l’assimilation du sucre dans le sang au niveau intestinal, le gymnéma temporisera (retardera) le phénomène. On modérera ainsi ce qu’on appelle le pic de glycémie (hyperglycémie) et sa conséquence (réaction de pic d’insuline).

Autre rappel : nous allons parler plus loin de la notion de résistance à l’insuline. Ce phénomène est un dysfonctionnement métabolique où les cellules des organes cités ci-dessous répondent mal à l’insuline. Devant cette mauvaise réponse, le corps n’a d’autre solution que d’augmenter le taux d’insuline… Si la situation persiste, on parlera de pré-diabète, puis de diabète...

Au niveau du pancréas, l’augmentation de la glycémie (le taux de glucose dans le sang) déclenche la libération de l’insuline Cette fameuse hormone va favoriser, partout dans le corps où il y a des tissus insulino-sensibles, l’absorption cellulaire du glucose. 
Sous l’effet du gymnéma, les études scientifiques  laissent entendre une stimulation de l’activité des cellules bêta des îlots de Langerhans. En d’autres termes, le gymnéma pourrait amplifier la sécrétion d’insuline en réponse à une hyperglycémie. Mais par ce biais, on a découvert que le gymnéma stimule en fait plus profondément la régénération de ces cellules bêta, et on pense qu’à long terme, cela peut même avoir un effet protecteur de leur fonction. Une constatation faite depuis longtemps par la médecine traditionnelle Ayurvédique et qui commence à peine à être regardée comme plausible par notre science rationnelle occidentale… Des études l’ont confirmé sur modèle animal depuis des décennies...
Dans la gestion du sucre, le rôle du pancréas est effectivement initiateur et primordial. Sous l’action de l’insuline, la glycémie se régule assez rapidement mais progressivement, disons plutôt durablement. Surtout, le glucose est correctement utilisé partout dans le corps. On est ici sur l’organe « starter » de l’utilisation optimale du glucose. La bonne santé de cet organe est fondamentale...

Au niveau du foie, l’insuline sécrétée par le pancréas stimule la glycogénogenèse, c’est à dire la conversion du glucose en glycogène (stockage à court terme…). A l’inverse, dans les conditions physiologiques habituelles, elle ralentit la néoglucogenèse, c’est à dire la production par le foie de glucose à partir de glycogène.
Sous l’effet du gymnéma, le foie pourrait voir sa production de glucose réduite, même en présence d’une stimulation par l’insuline. Mais surtout son action la plus notable se manifeste en cas de  résistance à l’insuline : le gymnéma semble améliorer la sensibilité hépatique aux signaux de stockage envoyés par l’insuline. Autrement dit, il pourrait restaurer partiellement la réponse normale du foie dans un contexte de dysfonction métabolique, où l’insuline n’agit plus efficacement.

Les muscles squelettiques sont les principaux utilisateurs du glucose dans l’organisme, notamment après un repas. En présence de gymnéma, l’expression des transporteurs GLUT4 serait stimulée, améliorant ainsi l’utilisation du glucose. Là aussi, dans un contexte de résistance à l’insuline, et en agissant sur les récepteurs IRS-1 et PI3K, le gymnéma facilite l’entrée du glucose dans les cellules musculaires. Ainsi, le gymnéma pourrait partiellement restaurer la sensibilité des muscles au glucose, même lorsque l’insuline n’agit plus efficacement.
Ce sont des études sur des rats qui ont montré ce phénomène, mais il ne faut pas en conclure que le gymnéma augmente les performances sportives… car ce n’est pas du tout une performance énergétique qui est décrite ici, mais une réponse tampon à l’hyperglycémie.

Le tissu adipeux (graisse blanche, graisse brune), nous l’avons abordé ci-dessus, stocke les triglycérides et libère des acides gras. Le drame de ce processus est qu’en présence d’un excès de glucose, ou une résistance à l’insuline, ce tissu prend de l’importance en terme de masse, et c’est la porte ouverte au surpoids, puis à l’obésité. Des études ont mis en évidence une possibilité du gymnéma à inhiber la lipogenèse (conversion du glucose en graisses) dans les adipocytes. D’autres études ont suggéré que le gymnéma favorise la dégradation des graisses, réduisant ainsi la résistance à l’insuline liée à l’obésité.
Mais c’est surtout son effet sur l’adiponectine qui est prometteur. En effet, le tissu adipeux possède une façon d’informer le corps que « du gras est là » en quelque sorte. Pour cela, les cellules adipeuses sont susceptibles de sécréter une hormone bien particulière, appelée adiponectine. Sous l’effet de cette hormone, le corps devient d’une façon générale, plus sensible à l’action de l’insuline Cela favorise l’absorption du glucose par les cellules en général, et réduit la résistance à l’insuline. Elle va plus loin dans son action, puisque sur les muscles, mais surtout sur le foie, elle réduit l’accumulation des graisses (lipotoxicité). Enfin, élément de taille, elle possède à la fois des propriétés anti-inflammatoires (au profit d’un terrain à athérosclérose) et des propriétés de combustion des graisses (mais avec un effet dans le temps…).
Sur ce point particulier, les études manquent encore, mais sur modèle animal, il a été noté une augmentation des taux d’adiponectine après une supplémentation en gymnéma. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que le gymnéma pourrait agir indirectement en réduisant la résistance à l’insuline et l’inflammation. Ces deux facteurs influencent la production d’adiponectine…

Au niveau du cerveau, les études restent parcellaires, et à mon avis, peu concluantes sur le plan métabolique direct. Certaines se concentrent sur l’axe intestins ↔ cerveau, alors que d’autres évoquent un effet antioxydant du gymnéma dans le cerveau, notamment pour contrer la toxicité neuronale induite par l’hyperglycémie. Alors pourquoi relever cet aspect ? Le gymnéma n’a pas d’action direct sur l’absorption du glucose par les neurones (qui n’est pas sous l’influence de l’insuline), ni sur l’activité neuronale elle-même. En revanche, un mécanisme d’action indirect pourrait avoir un impact à long terme : en bloquant temporairement les récepteurs du goût sucré au niveau buccal, le gymnéma réduit la perception du plaisir lié au sucre. Ce phénomène, répété sur des semaines ou des mois, pourrait moduler progressivement les circuits de la récompense associés au grignotage. C’est le même phénomène lent qui est en cause dans la dépendance tabagique, où la réduction des stimuli sensoriels (ici le goût sucré, pour le tabac, le plaisir de fumer) influence les comportements à long terme.

Au niveau des reins, le phénomène du gymnéma est paradoxal en apparence. En effet, l’acide gymnémique pourrait réduire partiellement la réabsorption du glucose, ce qui signifie une plus grande excrétion urinaire de glucose ! C’est un symptôme qui, en général, incite le médecin à  rechercher un diabète potentiel… Mais en même temps, cet effet du gymnéma n’est pas dramatique et est à regarder dans une logique plus générale, là aussi, nous allons y revenir...
Mais plus passionnante est la notion méconnue que les reins sont le 2e organe producteur de glucose après le foie. Ils peuvent contribuer à la production du glucose à hauteur de 10 à 20 %… On parle de néoglucogenèse rénale. Elle est activée dans des situations spécifiques, comme l’hypoglycémie, en cas d’acidose métabolique (jeûne, diabète non contrôlé) ou même face à un effort sportif exceptionnel comme un marathon. Or, un dysfonctionnement de la néoglucogenèse rénale peut contribuer à l’hyperglycémie, à l’acidose métabolique, voire à l’insuffisance rénale… Des complications du diabète en somme… Complications souvent négligées dans la prise en charge de la maladie !
Et c’est là que le gymnéma entre en jeu : en réduisant la résistance à l’insuline et l’inflammation, il pourrait indirectement limiter l’hyperactivité de la néoglucogenèse rénale dans le diabète de type 2. Ce mécanisme est souvent sous-estimé mais crucial dans la régulation de la glycémie à terme.
Une piste pour prévenir plutôt que guérir ? Plutôt que d’attendre qu’un diabète soit déclaré, pourquoi ne pas profiter, de temps en temps, des bienfaits de cette plante pour un effet « de soutien » sur les reins ? Une approche préventive et naturelle, et qui pourrait s’intégrer dans une hygiène de vie globale… Nous y reviendrons dans notre conclusion.

Au niveau de l’œil, et plus précisément dans la rétine, la consommation de glucose est un cas particulier : elle n’est pas régulée par l’insuline. Le métabolisme rétinien nécessite un apport constant en glucose, indépendant de nos prises alimentaires. Le but est d’apporter des messages lumineux au cerveau de façon constante. mais si la glycémie devient trop importante, c’est une sorte de sur-combustion qui s’activera au niveau de la rétine, avec le risque à terme du développement de la rétinopathie diabétique, une complication redoutable du diabète, caractérisée par des lésions vasculaires et une perte progressive de la vision.
Où en est le gymnéma dans cette histoire ? Pour l’instant, aucune étude clinique chez l’humain n’a évalué son effet sur la rétinopathie diabétique. Seules des études sur modèle animal ont montré des réductions des lésions rétiniennes avec le gymnéma. Il reste effectivement à prouver que le gymnéma, face à une rétinopathie diabétique, pourrait ralentir la progression de la maladie chez l’homme. Vivement que nos chercheurs avancent…

Au niveau de la peau, une mauvaise gestion de l’insuline peut entraîner des complications majeures de cicatrisation. Chez le diabétique, on parle de façon générique de dermopathie, et l’exemple le plus connu est l’ulcère du pied diabétique.
Des études ont mis en évidence une capacité du gymnéma à améliorer la cicatrisation chez le diabétique, mais plus que ça, le gymnéma semble aussi agir indirectement sur la réponse immunitaire cutanée.

Dernier organe à passer en revue, l’intestin grêle est la porte d’entrée du sucre dans le corps. On a vu le starter avec le pancréas, le tampon avec le foie, mais l’intestin pourrait se comparer à une vanne qui apporte les molécules de glucose au milieu intérieur, via les transporteurs SGLT1 et GLUT2.
Des études ont émis l’idée que les principes actifs du gymnéma pouvaient bloquer partiellement l’activité du SGLT1, et de ce fait réduire l’absorption intestinale du glucose après un repas. En d’autres termes, on réduit l’ouverture de la vanne. Pour une fois, une étude a confirmé cela chez l’humain… Le gymnéma entraîne un effet hypoglycémiant postprandial. Un mécanisme d’action unique, à exploiter, car contrairement à d’autres approches (comme les inhibiteurs de SGLT2, qui agissent au niveau rénal), le gymnéma cible ici directement l’absorption intestinale du glucose, une piste naturelle pour limiter les pics glycémiques.

Après avoir passé en revue les organes influencés par le gymnéma, prenons un instant pour voir ce que dit la science de ses constituants biochimiques en détail.
On a cru longtemps que l’acide gymnémique était une seule molécule. On sait maintenant que le gymnéma contient au départ des saponines triterpéniques, dont les acides gymnémiques (on en a identifié 7) et d’autres molécules proches, appelées gymnasaponines. On a aussi listé des anthraquinones, des flavones et des résines, et enfin un panel d’autres composés moins intéressants sur un plan pharmacologique.
Les acides gymnémiques sont une famille complexe, car un acide identifié comme tel (un des sept) a la possibilité de prendre des formes biochimiques diverses, et exprimer des structures spatiales différentes. Par exemple, l’acide gymnémique III peut prendre 23 formes différentes !
Pour complexifier un peu plus la chose, vient se rajouter dans cette liste la gurmarine, une autre saponine triterpénique, qui à la différence des autres, n’est pas de forme acide. Il y a donc, dans l’effet anti-sucre l’action globale de tous ces acides et de la gurmarine combinés…
On sait par des études poussées sur les molécules isolées qu’elles ont les actions suivantes :
- une stimulation de la sécrétion d’insuline.
- un retard dans l’absorption du glucose dans le sang,
- la désactivation des récepteurs sucrés buccaux,
- l’incapacité à différencier l’amer du sucré au niveau des récepteurs buccaux,
- un effet hypoglycémique qui résulte d’une cascade d’évènements biochimiques liés à la sécrétion de l’insuline,
- un effet de régénération des cellules des îlots de Langerhans.

Alors, que penser de cette somme d’informations, toutes plus originales les unes que les autres ? Les chercheurs s’évertuent aujourd’hui à comprendre quelles molécules agissent davantage que d’autres dans ces processus. L’idée constante de la démarche scientifique d’aujourd’hui est de déterminer UNE molécule clé, d’en faire une copie proche, brevetable, et ainsi rentabiliser leurs recherches…
Je connais le gymnéma et ses vertus polyvalentes depuis plus de 30 ans. Déjà à l’époque, on disait que les modèles animaux étaient prometteurs. Certains disaient déjà que le gymnéma pouvait régénérer les îlots de Langerhans, ce qui faisait railler la communauté scientifique, prétendant que le diabète était une maladie qui ne pouvait évoluer que dans un seul sens : l’aggravation... 30 ans plus tard, j’ai l’impression que rien n’a été fait au profit des diabétiques, des obèses ou des gens qui, par grignotage incontrôlable, souffrent de caries, de candida, de fatigue chronique, de cancer, ou évoluent vers Parkinson...

En tant que complément alimentaire, le gymnéma a vu son statut passer de « plante interdite » (les autorités disaient gentiment que cette plante n’était pas déclarable) à « plante autorisée », son statut actuel. 
Pour des raisons de facilité, les opérateurs qui font des demandes de mise sur le marché de compléments alimentaires à base de gymnéma déclarent dans la plupart des cas mettre au point un produit basé sur un extrait standardisé d’acide gymnémique, au singulier, ou au pluriel. Mais qu’en est-il vraiment de la structure des molécules ? Si ces dernières sont susceptibles d’évoluer selon autant de formes tridimensionnelles possibles, la prudence ne nous appelle pas d’abord à respecter la forme naturelle ? Celle-ci même testée et approuvée par des générations de thérapeutes et de patients ? Et quid de la gurmarine dans ces extraits ? Comme nous le disons toujours, priorité au totum quand la tradition l’a validé. 

Une autre question tout aussi cruciale se pose : avec quelle fréquence prendre cette plante ? Une gélule par jour, deux ou trois, voire quatre, comme on peut le voir sur les boites de compléments alimentaires ? avant les repas, pendant les repas en fin de repas ? loin des repas ?
La réponse est encore plus complexe quand, à l’époque où je dirigeais mon entreprise, je demandais toujours aux candidates et aux candidats au gymnéma de faire un test… Pourquoi ?
Quand j’ai découvert cette plante dans les années 1990, j’ai eu la chance de croiser un médecin ayurvéda qui maîtrisait bien la pharmacopée indienne. Il m’avait dit que pour le gymnéma, cette plante était passionnante et très vertueuse, sauf pour les personnes insensibles à son effet, et que dans ce cas, il ne fallait pas qu’elles consomment cette plante. Pourquoi ? À l’époque, il ne m’avait pas donné d’explication, juste cette recommandation, qu’il m’avait exprimée de façon assez radicale.

Avec le recul, je pense que le gymnéma convient à la plupart des gens, parce qu’il possède des molécules dites anti-sucre avec des similarité biochimiques assez proches. Et que l’effet « anti-sucre » au niveau buccal trouve écho dans la plupart des réactions biochimiques plus profondément dans le corps, au niveau des organes, réactions que nous avons listées plus haut.
Inversement, si une personne ne perçoit pas ce goût sucré, il y a fort à parier que les autres effets attendus sur ces organes ne porteront pas non plus. Et donc, il n’y a aucun intérêt à prendre une plante qui n’a pas d’effet positif attendu. Au pire, il pourrait y avoir un effet inverse. Dans le doute, la prudence est de mise et donc, quand les traditions Ayurvédiques recommandent l’abstention, il nous faut relayer ce précepte.

Les autres contre-indications à bien connaître :
- si vous êtes diabétique et sous médication, demandez conseil à votre médecin. Le gymnéma pourrait interférer trop fortement avec vos traitements et vous provoquer des effets indésirables.
- plante à réserver à l’adulte sauf sur avis médical contraire.
- plante à ne pas consommer en cas de grossesse ni en période d’allaitement. Ces deux recommandations sont données ici par principe de précaution, le recul vis à vis de cette plante étant insuffisant

A partir de là, si vous voulez utiliser le gymnéma, vous serez peut-être dans un des cas suivants : le diabète ou le pré-diabète (points A et B ci-dessous), l’obésité ou à défaut un surpoids chronique (point C ci-dessous), ou peut-être victime d’un besoin de grignotage effréné, difficile à maîtriser (voir le point D, plus bas)

A/ si vous êtes en diabète de type II, suivi médicalement, mais que votre médecin vous a donné le feu vert pour « tester » le gymnéma : dans ce cas, ne prenez pas plus d’une gélule par jour, voire même, commencez sur quelques mois à ne prendre que la moitié d’une gélule, en ouvrant cette dernière et en faisant tomber un peu de poudre dans le creux de votre main À absorber avant le repas principal. Surveillez, par des mesures régulières, les niveaux de glycémie et voyez à la longue si les courbes évoluent favorablement.

B / Diagnostiqué comme pré-diabétique. 
Là aussi, je vous recommande la prise d’une gélule par jour, de préférence avant le repas principal.

Dans la situation A ou B, dans les deux cas, votre médecin vous a recommandé de modifier votre alimentation et de favoriser les aliments à l’indice glycémique faible. Pour ma part, j’aurais surtout envie de vous proposer, en complément à ce conseil essentiel, d’appliquer ce que j’appelle la règle du triangle dans le cadre du plat principal :

Dans ce schéma, au final, on évite d’associer une protéine « forte » à des hydrates de carbone. Plus exactement on évite d’associer une dose massive de protéines à une apport conséquent d’hydrates de carbone. C’est le « beaucoup de l’un » avec le « beaucoup de l’autre » qu’il faut éviter.
Pourquoi ? Les hydrates de carbone sont digérés pour une grande part (de l’ordre de 40%) dans la sphère buccale lors de la mastication. C’est le rôle de l’amylase salivaire (ptyaline), l’enzyme principale de la salive.
Cet effet de lyse des sucres lents perdure dans le tube digestif (œsophage mais surtout estomac), sauf en présence d’un milieu acide ou très acide qui rend inopérante l’amylase. L’enzyme est mise « hors service » et ne reprendra pas sa fonction… Et pour rendre le milieu stomacal acide, la simple présence de protéines déclenche par voie réflexe et biochimique la libération d’acide chlorhydrique, fortement acide. Notre organisme garantit ainsi une effet assainissant, antiseptique, antibactérien, en vue de protéger notre précieuse flore intestinale, présente plus bas dans le tube digestif.
C’est une action louable et prioritaire, mais qui a l’inconvénient d’annihiler les bienfaits de l’amylase. la conséquence me direz-vous ? Tout simplement que les sucres qui n’ont pas bénéficié pleinement de l’action de cette enzyme sont demandeurs d’une autre enzyme, à des doses complémentaires. Et ces molécules, sécrétées en quantités proportionnellement plus importantes, viennent ...du pancréas ! Ce sont les fameux sucs pancréatiques…
Si vous respectez la logique de ce triangle, vous améliorez votre gestion du sucre en ne demandant au pancréas qu’une proportion équilibrée de travail. Et non une surcharge de sécrétion d’enzymes, compensateurs du manque d’amylase… À terme, c’est un bon réflexe pour entretenir son pancréas. Or, c’est justement cet organe qui montre des signes de faiblesse coté insuline. Coïncidence ? Pour la médecine conventionnelle, oui… Je vous laisse juge….
Bien évidemment, pour bénéficier de l’intérêt « premium » de la ptyaline, il faut veiller à mastiquer le bol alimentaire dans la bouche durant un temps conséquent. C’est le manque de mastication qui est préjudiciable aux effets de la ptyaline, et on le verra plus loin, le raccourcir est souvent du à une réaction «  réflexe » en cas de stress…

Si possible, je vous recommande de prendre la gélule de gymnéma de préférence le midi, et de favoriser un repas sans protéines le soir. Prenez l’habitude de faire des repas de plus en plus légers le soir, et si possible en début plutôt qu’en fin de soirée… Cela signifie que le repas du soir aura votre préférence pour quelques hydrates de carbone ! Veillez à privilégier les aliments à indice glycémique bas au maximum...

Vous pouvez réaliser des pauses du gymnéma en prenant de temps en temps, en alternance, par exemple une semaine par mois, le baccharis. Cette plante possède des principes différents du gymnéma, mais fort intéressants face à une difficile gestion du sucre dans le sang. D’autres plantes comme la cannelle, le curcuma, le fenugrec, sont aussi à privilégier en tant qu’épices dans l’alimentation.

Vous pouvez compléter votre démarche « gymnéma » en y associant :
- la tisane «glycémie» ou le « plantes à boire glycémie », plutôt après les repas,
- la tisane hépatique, notamment le matin,
- le « plantes à boire stress jour », de préférence en début de journée.

Et c’est là qu’un autre sujet est abordé. Il m’arrive souvent de donner un petit clin d’œil à une personne qui vient me voir pour des problèmes de diabète (de type II), et à qui je dis « prenez le plantes à boire stress-jour ». Et cette personne de me répondre… « mais je ne suis pas stressé ! ».
Une petite réflexion s’impose :
Nous sommes des êtres humains, notamment par notre capacité à conscientiser notre quotidien (le présent), se mémoriser nos émotions (le passé), envisager des lendemains (le futur). Tout ceci est possible grâce à l’activité de nos neurones. et ces derniers ne peuvent effectuer cette mission fondamentale qui fait que nous sommes des êtres humains, que parce que le glucose est apporté de façon constante au cerveau…
La bonne gestion du glucose dans le corps est un garant du bon fonctionnement du cerveau.
A ce titre, quand je dis que la fonction de l’insuline, et plus globalement, la bonne santé du pancréas est un atout précieux pour l’équilibre nerveux, cela semble logique. Il faut voir la gestion du sucre comme un joker pour le cerveau, de même qu’un bon écuyer est nécessaire au chevalier muni de son armure pour se préparer au tournoi.
Dans cette approche systémique, il faut voir le pancréas comme un annexe de la fonction cérébrale, et un dysfonctionnement de ce dernier (entendez là le diabète ou le pré-diabète) peut être analysé comme une maladie (annexe) du système nerveux… D’ailleurs, la meilleure preuve n’est elle pas là ? On sait que le stress génère des liens entre le cerveau et les surrénales (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien), au profit d’une sécrétion renforcée de cortisol, et que ce dernier a pour premier effet d’augmenter la glycémie et de favoriser à terme la résistance à l’insuline. Pire, par mécanisme de compensation émotionnelle, à terme, le stress pousse à rechercher des aliments riches en sucre. Le résultat, c’est que plus on est stressé, plus on a envie de sucre, et plus on consomme de sucre, plus le stress est difficile à gérer (car les pics de glycémie et les crashs énergétiques aggravent l’irritabilité et la fatigue).
Il existe de nombreuses méthodes de gestion du stress et choisir dans ce panel celles qui nous conviennent face au diabète me paraît essentiel. A mon niveau, en tant qu’herboriste, je ne peux que vivement recommander des plantes ou des mélanges de plantes qui viendront renforcer ces autres méthodes anti-stress. La rhodiola, d’autres plantes adaptogènes ou encore le « plantes à boire stress-jour » sont des conseils de mon ressort…
Aujourd’hui, à la lecture de cette page de blog, vous voyez aussi tout l’intérêt autant large que fondamental de consommer, régulièrement, ou de temps en temps, à petites doses, cette plante pas assez connue qu’est le gymnéma...
Quel programme mettre en place dans ces cas A et B ?
Prioriser ses efforts sur les compositions alimentaires avec des aliments à indice glycémique faible, appliquer la règle du triangle à chaque repas pour le plat principal, et associer, un quart d’heure avant le repas du midi une gélule de gymnéma, 3 semaines sur 4. La 4e semaine, on alternera avec le baccharis. Tous les conseils de soins ostéopathiques, sport, gestion du stress, seront complémentaires, ainsi que les recommandations médicales.

Point C : Vous êtes concerné par un problème d’obésité ou tout du moins de surpoids.
On parle de surpoids quand l’indice de masse corporelle (I.M.C) est compris entre 25 et 30. Au delà de 30, on parle d’obésité. L’ I.M.C se calcule en divisant son poids par sa taille au carré.  Le surpoids et l’obésité se caractérisent par une accumulation excessive de graisse corporelle. 
Si vous en êtes victime, vous savez que l’obésité est un phénomène complexe et multifactoriel, dans lequel se combine des aspects alimentaires (souvent appelés énergétiques), parfois des facteurs génétiques, plus souvent des facteurs psychologiques et sociaux. En d’autres termes, des sensations de mal-être se combinent avec des états de stress, et incitent l’organisme au stockage.
L’approche thérapeutique doit s’attacher à regarder un ensemble d’éléments, ce qui est hors de propos de cette page de blog ici. Si vous le souhaitez, dans le cadre d’une approche naturopathique du problème, nous vous invitons à nous contacter directement.
L’intérêt du gymnéma, vous l’avez bien identifié quant à son action sur les tissu adipeux expliquée ci-dessus, est de venir freiner la logique excessive de conversion du glucose en triglycérides. Vous l’avez là aussi bien discerné, ceci est amplifié par une action anormale de l’insuline, facteur fondamental dans ce phénomène de prise de poids…
L’intérêt du gymnéma est son action polyvalente. Mais le piège serait de croire que du fait de ces différents modes opératoires, son effet sera globalement suffisant pour apporter une réponse unique à l’obésité. Hélas, le gymnéma n’est pas une panacée, mais son corollaire tout de même…
Explication :
1- en agissant sur la sensation du goût sucré, vous pouvez avoir deux actions d’ordre comportemental. L’une rapide, chaque jour, en prenant une gélule au moment que vous jugerez le plus opportun dans la journée, soit avant le repas le plus copieux, soit avant le principal moment de la journée où le grignotage fait rage… L’autre, très progressive (on en a parlé au paragraphe sur le cerveau), c’est de moduler progressivement les circuits de la récompense associés au grignotage. C’est le même phénomène lent qui est en cause dans la dépendance tabagique, où la réduction des stimuli sensoriels (ici le goût sucré, pour le tabac, le plaisir de fumer) influence les comportements à long terme.
2- En régulant la glycémie au niveau intestinal, il freinera la quantité potentielle de glucose à convertir en graisses.
3- Ce point 2 sera accentué par un meilleur contrôle de l’insuline. En d’autres termes, la tendance à passer le message de stocker ira diminuant, et inversement, le message à inciter à brûler prendra la relève davantage…
4- d’une façon plus générale, l’influence du gymnéma lors d’une cure douce et prolongée sera de faire baisser cette fameuse résistance à l’insuline, qui vient compliquer la gestion du surpoids.
En conclusion « hâtive » face aux bienfaits du gymnéma, c’est de vous recommander que les bienfaits que vous en tirerez ne doivent pas vous faire oublier le besoin nécessaire d’une approche systémique, au-delà des conseils nutritionnels et d’hygiène corporelle (sport…) habituels. Nous contacter si-besoin.
Concrètement, comment utiliser le gymnéma dans le cas de ce point C ?
Une gélule par jour est un très bon rythme. En prendre davantage n’apportera pas de progrès double, et au contraire, « mieux vaut ménager sa monture pour voyager loin ». Alterner le gymnéma avec le baccharis une semaine par mois peut être un bon calcul. Pratiquer des jeûnes de 36 heures (et non pas des jeunes intermittents inférieurs – vraies catastrophes physiologiques) est à recommander de temps en temps (dans l’idéal, une fois par semaine). Prendre une tisane pour le foie, telle que la tisane hépatique, tous les matins, et le soir au repas (pas après…) sera là aussi une aide précieuse.
Enfin, la gestion du bien-être au quotidien peut être grandement améliorée par les plantes adaptogènes, telles que la rhodiola, la gomphréna, la schisandra.

Point D : Vous êtes concerné par un problème de grignotage.
L’utilisation du gymnéma, là encore toujours à hauteur d’une gélule par jour, est notre recommandation principale. Repérez la meilleur moment qui doit être environ une demi-heure à une heure avant les habituelles manies de faire appel au chocolat, au biscuit de mamie, aux gâteaux de la pâtisserie du coin…
Au bout de quelques temps, si vous le souhaitez, contrôlez votre état de santé hépatique en vérifiant que la tisane hépatique prise le matin et le soir au repas soit un second appoint qui fonctionne même lors des pauses du gymnéma (la 4e semaine du mois)…

Le gymnéma n’a pas dit son dernier mot…
Je disais en début de cette page sur le gymnéma qu’il était hors de propos de parler de toutes les vertus du gymnéma. Un petit clin d’œil final s’impose tout de même… Les fameux acides gymnémiques, sont des triterpènes. Or cette famille de molécules est connue pour être la famille clé des molécules qui expliquent l’action pharmacologique des plantes adaptogènes.
Or les acides gymnémiques ne présentent pas ces vertus. Étonnant non ?
D’autres composés du gymnéma sont les flavones. Habituellement, les flavones sont connus pour leurs effets anti-inflammatoires, neuro-protecteurs, anticancéreux, en soutien cardiovasculaire, et au final antidiabétique et positif devant le syndrome métabolique. 
Enfin, il y a aussi les anthraquinones. Connues pour être souvent laxatives, ici, les vertus pourraient être tout autre, car ces molécules ont aussi a réputation d’être anti-inflammatoires, antioxydantes, antimicrobiennes, potentiellement anticancéreuses, hépatoprotectrices, stimulantes de la cicatrisation de la peau

Vivement que la science change son fusil d’épaule et mette la lorgnette davantage sur les héritages des médecines traditionnelles, en arrêtant de vouloir faire du profit à tout prix... Ah comme tout irait mieux ainsi !
Bonne cure de gymnéma. Je suis preneur de vos témoignages.

Jean-François Astier