La dépuration de printemps, c'est pas pour les débutants... Partie 2 - suite et fin...

La dépuration de printemps, c'est pas pour les débutants... Partie 2 - suite et fin...

Nous avons vu dans partie 1 accessible ICI qu’il faut d’abord vérifier la QUALITÉ de nos émonctoires avant de débuter une cure de tisane dépurative. En d’autres mots, il faut s’assurer que notre organisme est capable de bien éliminer les toxines via le foie, les voies intestinales et surtout la fonction rénale.
Nous avons abordé dans la partie 1 comment vérifier tout cela et quoi faire s’il y a besoin de fortifier nos organes d’élimination, que ce soit le foie, par des plantes aux vertus protectrices, ou sur la fonction rénale, par une tisane qui améliore la qualité de leur travail plutôt que la quantité.

Si tout est OK côté émonctoires, la tisane dépurative s’offre à nous ! D’autant plus si en cette période de début de printemps, la météo est au rendez-vous tout comme des signes d’éveil de la nature.


Comment s’utilise la tisane dépurative ?

Ce mélange de plantes est à préparer en infusion et à boire par petites gorgées tout au long de la journée. Boire un litre est un très bon rythme. S’assurer que ce litre est fini en fin d’après midi, est encore mieux. Disons 17/18 heures…

On peut faire cette cure en « longue durée » comme en « courte durée ». Je m’explique :

La solution la plus habituelle est de la prendre sur trois semaines d’affilée, à hauteur d’un litre par jour. Il m’est arrivé d’avoir des retours de personnes qui m’ont témoigné avoir eu d’excellents résultats avec deux cures de trois semaines, réparties sur deux mois consécutifs. Par exemple, une en avril, une en mai.

Je conseille de moins en moins souvent ce type de cures « longues durées ». 
Pourquoi ? Parce que nos organismes connaissent aujourd’hui un environnement différent de celui de nos aïeux d’il y a un siècle ou deux ou même de nos parents il y a 50 ans. Notre environnement a considérablement changé et nous sommes confrontés à chaque instant avec la pollution aux PFAS, aux xéno-œstrogènes, aux métaux lourds, aux pesticides divers et variés (les néonicotinoïdes, ça vous dit quelque chose?). Je ne vous parle pas des vapeurs de cigarettes que certains avalent toute la journée, ou les fumées des voitures qui ne sont pas encore devenues totalement électriques…
Cette pollution est renforcée par le bruit (pollution sonore), les lumières artificielles des panneaux publicitaires, des écrans d’ordinateurs, de nos TV et de nos portables (pollution visuelle). Et la plus insidieuse de toutes, car totalement invisible est la pollution électromagnétique. Et en tant qu’« herboriste-naturopathe » de la nouvelle heure, je ne peux pas non plus passer sous silence la pollution de notre sang par Big Pharma : médicaments chimiques, vaccins, et j’en passe...

Donc, pour en revenir à notre tisane dépurative, le protocole que je propose plus souvent maintenant est le suivant :

Faire une cure sur une semaine (réserver le premier jour à une phase de démarrage, où l’on ne prendra qu’un demi-litre), à hauteur d’un litre par jour.
Puis faire une pause de quelques jours (entre 5 et 10 jours, selon votre agenda) et reprendre la cure d’une semaine qu’on pourra allonger jusqu’à 10 jours si tout s’est bien passé durant cette première semaine. Dans l’idéal, il faut prévoir une troisième cure de 7 à 10 jours toujours, selon vos envies, à faire dans la foulée, après une seconde pause.

Quelle explication donner à ce changement de protocole ? Les reins sont en fait un double organe : d’une part, ils sont là pour éliminer des toxines par la voie urinaire, mais ils sont aussi responsables de la gestion du stress, via les glandes surrénales (les surrénales, comme leur nom l’indiquent sont « sur les reins »). On sépare les deux fonctions (émonctoire // hormones) et c’est une grave erreur de perception du rôle des reins dans le corps. La gestion du stress va de pair avec l’élimination des toxines. Et de nos jours, les reins sont « sur sollicités » coté stress. Ils sont donc aussi « sur-sollicitables » coté élimination. Leur demander de faire 3 semaines de cure, c’est presque leur imposer les 12 travaux d’Hercule… 
L’adage dit que qui veut voyager loin ménage sa monture. On pourrait dire aussi que qui veut garder la santé de ses émonctoires ménage son exposition au stress...


Peut-on renforcer cet effet dépuratif avec des plantes prises en complément, notamment sous forme de gélules ?

La réponse est oui, mais pas n’importe lesquelles, et pas n’importe comment… Et ce n’est pas la meilleure des solutions en fait...

Par exemple, il y a des plantes qui sont réputées bonnes pour le foie, alors que ce n’est pas toujours vrai. Le desmodium par exemple : pour les Européens, cette plante n’a PAS DE VERTU NETTOYANTE DU FOIE sauf cas particulier. Il n’est donc pas intéressant ici, et n’a pas d’« effet dépuratif de printemps ».

Autre exemple, le radis noir. L’extrait de cette racine agit sur le foie, mais n’aura pas l’effet dépuratif qu’on pourrait attendre dans le cadre d’une dépuration de printemps. Le radis sera intéressant pour augmenter le drainage face à une bronchite ou une affection des voies respiratoires, pas dans le cadre d’un drainage général de printemps. Ce sont les principes actifs à base de soufre, les isothiocyanates, qui apporteront un intérêt sur la sphère respiratoire. N’en déplaise à Wikipédia qui dénigre ses vertus (comme d’habitude, dès qu’une plante médicinale traditionnelle a des vertus positives), on peut aussi l’envisager face aux métaux lourds, mais, là encore, pas dans notre cadre de dépuratif de printemps.


Alors, quelles sont les meilleures plantes à associer et pourquoi ?

La logique de la dépuration de printemps, c’est un élimination GÉNÉRALE du corps, via les émonctoires fondamentaux (le couple foie /intestins et les reins). On va donc demander un  TRAVAIL un peu plus soutenu que d’habitude à ces organes. Les meilleurs compléments sont ceux qui aideront à la bonne gestion énergétique de l’organe, tout en soutenant cette action dépurative. Citons :

    1. La rhodiola en tout premier lieu, qui agira sur l’activité métabolique de tous les organes du corps, et donc aussi sur l’activité des reins et du foie… Des recherches récentes ont mis en évidence que la rhodiola aide chaque cellule à maintenir une bonne activité en stimulant les mitochondries (qui fabriquent le fameux ATP, l'adénosine tri-phosphate). Or l’ATP, c’est la « molécule d’énergie ».
    2. Le ginseng, et la schisandra, dans une moindre mesure agissent aussi de cette façon, mais on peut aussi faire appel à la maca ou, très en vogue en ce moment, l’ashwagandha.

Quelques pistes pour bien choisir :
    • Passé un certain âge, au-delà de 50 ans, les valeurs sûres sont la rhodiola et le ginseng, qu’on soit homme ou femme.
    • Si on est plus jeune et qu’on a une activité sportive ou physique soutenue, mieux vaut faire appel à la maca.
    • Si le stress est un facteur aggravant au quotidien (mal-être au travail, en conduisant, etc.), choisir la schisandra.
    • Si on veut compléter la cure dépurative en fortifiant aussi la fonction nerveuse (sommeil…), l’ashwagandha sera la plante de choix. Voir ICI d’autres infos complémentaires à propos de l’utilisation de l’ashwagandha.
Toutes ces plantes sont compatibles entre elles, associées ou en alternance.


Dans l’idéal, quoi faire ?

Je disais plus haut que la meilleure des solutions, ce n’est pas d’ajouter des plantes en gélules à la tisane dépurative.  En effet, au printemps, pendant cette phase de nettoyage, le mieux est de soulager le système digestif et rénal en diminuant (un peu, ou beaucoup) les apports alimentaires. Ce que je recommande n’est pas souvent suivi mais pourtant terriblement efficace, et si simple…

Durant toute la (ou les) période(s) de consommation de la tisane dépurative, allégez la charge des repas. Dit autrement, cela signifie qu’il faut MOINS manger. Ce qui n’est pas forcément facile à faire, je vous l’accorde. Essayez de diminuer la quantité d’aliments absorbés le soir, et de commencer par supprimer les protéines le soir aussi (viande, poisson, fromage, œufs…). 
La logique derrière ça est très simple : vous demandez au foie et aux reins de faire un travail QUANTITATIF d’élimination. Mais en même temps, ces deux grands organes sont déjà sollicités pour faire un travail quotidien et routinier : éliminer les toxines habituelles qui sont de 2 sortes :
    a) les toxines qui viennent du métabolisme cellulaire (activité générale, respiration…) et 
    b) celles qui viennent des apports alimentaires.
Autant il est difficile d’agir quantitativement sur les premières, autant il n’y a rien de plus simple que de diminuer la ration alimentaire du soir. Le résultat sera au rendez vous , je vous l’assure… Il ne s’agit pas de faire une jeûne, mais simplement de baisser la quantité d’aliments au repas du soir, pour soulager le foie, et par voie de conséquence les reins aussi.
Le message pour vos émonctoires est « allez, au travail maintenant ! ». Et donc pour vous aussi… 

« Allez ! Au travail pendant quelques jours à préparer cette tisane ! Vindieux ! »

Bienvenue dans un monde de bonne santé avec la tisane dépurative de printemps. Ne laissez pas ce train passer, sinon faudra attendre l’an prochain !


Herboristement vôtre
Jean-François Astier